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ART PARIS - ART FAIR

GRAND PALAIS - PARIS

jusqu'au 7 avril

 

GALERIE DOMINIQUE FIAT 

stand D12

 

 

avec :

Erik DIETMAN, Safâa ERRUAS, Rachid KORAÏCHI, Nicola LO CALZO, Rut Blees LUXEMBURG, Emo de MEDEIROS

                                                                                                                                                    Photographie Olivier Monge / MYOP  



Le projet « Base Martha» s’inscrit dans la continuité d’ «Architectures Inachevées», projet développé dans le cadre des résidences d’artistes de la Fondation Montresso, à Jardin Rouge,

à Marrakech (2015-2019).

 

 

« Architectures Inachevées »

Des grands projets architecturaux inachevés sont présents sur de nombreux territoires et marquent les paysages.

Structures brutes ou ouvrages plus aboutis, ils s’imposent désormais à nous de manière récurrente et invasive.

Rongés par le temps, stigmates d’une époque de spéculation immobilière déraisonnée, ces squelettes bétonnés deviennent les temples, les témoins, le paradigme de nos incohérences contemporaines.  

 

« Architectures inachevées » s’inscrit dans la lignée d’une recherche plastique sur les territoires en flottement, recherche qui a pris racine dans le Sud de l’Italie. 

Dans cette lignée, Marrakech s’est imposée lors d’une résidence à Jardin Rouge (Fondation Montresso*). 

 

Chaque dessin s’appuie sur un travail photographique en amont. La noirceur des dessins révèle des lignes et suggère des intentions avortées qui s’engouffrent dans la profondeur de l’obscurité. La facture réaliste des dessins renvoie au médium photographique, à tort communément associé à une évocation du réel. 

Le dessin fantasme les noirs et projette le vide, l’absence d’aboutissement. Les grands formats, les cadrages et la densité des dessins fusionnent la lecture spatiale et fonctionnelle du lieu.

Les lignes s’imposent, une réalité fictive naît, l’essence initiale disparaît. Ces architectures inachevées deviennent les vestiges emblématiques de notre époque.

 

 

Le projet « Base Martha » est le prolongement de cette recherche plastique.

 

C’est un site singulier, chargé d’histoire. Niché dans le port autonome de Marseille, ce bunker (dont le nom de code était Martha) devait devenir la principale base de sous-marins allemands en Méditerranée. Il fut commencé en mai 1943 par l’Allemagne nazie. Le débarquement massif des forces alliées en août 1944 marqua la fin du chantier. Les travaux ne furent jamais achevés.

C’est un colosse de béton armé brut de 251 mètres de long et 45 de large, protégé par un haut mur, face à la mer. 

La structure était censée résister aux bombes de 10 tonnes avec un toit de 7 mètres d’épaisseur et des murs d’enceinte de près de 3 mètres.

 

Sa démesure le rend indestructible. 

En 1944, ce bunker représentait la présence allemande en 1944 à Marseille. Considéré comme une verrue dans les années 60, il entre dès les années 80 dans le patrimoine de l’histoire urbaine de Marseille. Aujourd’hui, sa requalification en DATA CENTER lui offre une nouvelle perspective fonctionnelle et architecturale. 

 

Restée en suspens depuis plus de 75 ans, la Base Martha est marquée par le temps. Il se devine dans l’extraordinaire complexité du béton.

 

Photographier ce site à un instant donné (dans le cas présent, avant le démarrage des travaux et de la transfiguration totale du site) n’est pas anodin.

Chaque représentation participe à la patrimonialisation du monument.

 

Ce qui est remarquable c’est qu’un site pensé et dédié à la protection d’engins nucléaires pendant des périodes noires de notre histoire abritera demain un centre de données numériques. Ne sont-elles pas aujourd’hui le fondement des enjeux de l’organisation de notre monde contemporain ?

La symbolique est grande.

 

 

Déambuler et découvrir les dédales de ce bunker fut une expérience forte. Entre curiosité et horreur, lumière et obscurité, chaque espace découvert marque la mémoire. 

On ne peut échapper à la projection de la folie des hommes et de la guerre.